Françoise Anthonioz-Blanc

Depuis quand France Alzheimer Isère existe-t-elle ?
Médecin gériatre hospitalier, j’étais très sensibilisée au problème et j’ai participé en 1991 à la fondation de  France Alzheimer Isère. FA 38 est une association de familles (essentiellement), œuvrant dans la prise en charge globale de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées, incluant le malade, la famille et les professionnels impliqués. L’association développe des actions ciblées pour les malades Alzheimer ou apparentés et leurs aidants autour de l’information, d’une formation adaptée, d’une écoute privilégiée. C’est très important à nos yeux.

Les projections sanitaires  prévoient qu’en 2025, un Français de plus de 65 ans sur 4 sera atteint par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. On connaît peu France Alzheimer, sauf lorsqu’on est directement concerné. Que propose l’association iséroise ?
Nous réalisons quatre missions : information et soutien des familles (aidants et personnes malades), formation des aidants, répit des aidants avec ateliers pour les malades, information des professionnels et sensibilisation du public. Concrètement, en 2016 : 275 familles ont bénéficié d’un entretien et 190 malades et aidants d’actions sur 7 sites (Grenoble,  Bernin,  Bourgoin-Jallieu, La Tour-du-Pin, Morestel, La Buisse et  Vienne). Outre les permanences, les formations des aidants et les groupes de paroles, on peut citer : le Café Mémoire à Morestel où bénévoles et psychologue accueillent familles et intervenants à domicile, l’atelier sculpture-modelage pour les malades à la Tour-du-Pin, l’atelier détente-relaxation  des aidants à Vienne, les halte-relais Mémoire et Détente à Bourgoin, La Tour du Pin et Grenoble ainsi que des temps de convivialité. Par ailleurs, de plus en plus de services ou établissements médico-sociaux nous demandent d’intervenir en complément de la formation délivrée aux intervenants. Nous pouvons ainsi répondre à la demande de toutes structures (employeurs, associations, collectivité) pour des formations, la mise en place de groupes de parole, de conférences…

Aujourd’hui, l’aide aux aidants est une forte préoccupation des pouvoirs publics, comment vous intégrez-vous dans les dispositifs existants ?
Nous sommes une association connue et reconnue, soutenue par l’Union nationale. Aujourd’hui,  les structures qui proposent de l’aide aux aidants ont souvent un objectif « toutes pathologies » et notre spécificité doit être mise en avant par les organismes et structures d’information. Cette spécificité « Alzheimer et maladies apparentées » ainsi que notre organisation nationale nous permet d’avoir une offre complète en matière d’information et documentation. Nous avons une souplesse qui permet de prendre en compte les aidants en situation professionnelle (la moitié des aidants), en proposant par exemple un soutien psychologique en soirée, la formation le samedi matin et même au sein des entreprises (tel qu’au CNRS de Grenoble où les salariés aidant un proche malade sont formés sur leur temps de travail). C’est ce que nous souhaitons faire savoir aujourd’hui auprès du plus grand nombre.

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