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Coûts de la scolarité : pourquoi l’Allocation de rentrée scolaire (ARS) doit être réajustée

Rentrée 2019

Confédération syndicale des familles

Pour la 46éme année, la Confédération syndicale des familles a mené l’enquête auprès des familles pour évaluer le coût de la rentrée scolaire et des dépenses tout au long de l’année.

Après avoir relevé plus de 4000 références et sondé une centaine de famille, la CSF dresse des constats pour en faire émerger 31 propositions, pour que les familles puissent davantage faire face aux dépenses liées à la scolarité de leurs enfants. Fournitures, restauration, transport, enseignement professionnel, logement… de la maternelle aux études supérieures, l’étude décrypte les déséquilibres entre les territoires, entre les établissements, entre les niveaux scolaires, et revendique un ajustement de l’Allocation de rentrée scolaire.

Annie Giroud, Dominique Vieu-Boeglin, pourquoi l’allocation de rentrée scolaire doit être réajustée ?

L’Allocation de rentrée scolaire (ARS) est une aide aux familles pour la scolarité de leurs enfants, créée en 1974 pour les élèves boursiers, étendue aux familles non imposables en 1992 et aux familles non allocataires (1 enfant à charge) en 1999.

Elle fut d’abord versée sous forme d’un forfait unique de 110,60F (environ 16 euros), revalorisé jusqu’à atteindre 1500F (250€) en 1994. C’est en 2008 que fut mise en place sa première modulation en fonction des niveaux scolaires, mais l’écart entre le CP et la terminale (aujourd’hui 34 €) est dérisoire au regard de la différence d’investissement des familles pour ces mêmes niveaux (Au moins 200€).

La très grande majorité des familles qui perçoivent l’ARS compte sur cette aide pour équiper les enfants au plus près des exigences de l’établissement scolaire. Si l’instruction est obligatoire (à partir de 3 ans à cette rentrée), l’école n’est pas gratuite, loin s’en faut, listes de fournitures demandées par les établissements à l’appui !

Depuis 46 ans, la CSF réalise un dossier sur le coût de la scolarité à partir des listes de fournitures et des achats effectués par les familles tant à la rentrée qu’au cours de l’année.
46 ans que la CSF démontre que scolariser ses enfants a un coût, de plus en plus important au fil du niveau  et des filières d’études, et demande une modulation plus adaptée de l’ARS.

 

Entre l’ARS pour un enfant en CP (369€) et celle pour un jeune en lycée (402€), la différence est de 9%. Dans le même temps, l’investissement de la famille sera 180% supérieur pour le lycée (en moyenne 400€) par rapport au primaire (en moyenne 160€), et souvent davantage en enseignement technique ou professionnel.


La CSF ne demande pas la diminution de l’ARS pour le primaire, considérant que cette allocation couvre en moyenne approximativement le coût de la scolarité tout au long de l’année pour ce cycle. En revanche, elle demande la revalorisation de l’ARS pour le collège et le lycée, qui actuellement, dans le meilleur des cas, couvre les frais de la rentrée (achats de septembre), mais ne tient pas compte des frais engendrés tout au long de l’année, dont certains impactent fortement le budget familial (restauration scolaire, transports, etc.).

La modulation de l’aide en fonction du coût moyen du niveau serait un facteur de réduction des inégalités.

Il est grand temps de cesser de penser que les familles utiliseraient l’ARS à d’autres fins qu’aider à la scolarisation des enfants.
Si l’ARS permet d’acheter un lit pour que l’enfant dorme dans de bonnes conditions et arrive reposé en classe, on ne peut que soutenir la pertinence de cette utilisation.
Si l’ARS permet à des parents d’acheter un cartable ou une trousse ou un survêtement peut-être plus cher mais qui plaise à l’enfant, le rende fier et le motive pour l’école, il n’y a là rien de scandaleux. Pourquoi les familles aisées pourraient-elles autoriser le plaisir et les conditions de bien-être à leurs enfants et pas les familles modestes ?
La réduction des inégalités passe aussi par là.

 

Il faut surtout retenir que pour les familles qui la perçoivent, l’ARS est une bouffée d’oxygène qui leur permet d’aborder la rentrée et sa cohorte d’exigences avec plus de sérénité et moins de culpabilité.


Sans doute faudrait-il que davantage de familles puissent en bénéficier, la baisse du pouvoir d’achat se confirmant de façon plutôt pérenne.

Un réajustement des plafonds de ressources ouvrant droit à l’obtention de l’ARS est toujours nécessaire. Certes ces plafonds ont été relevés mais trop parcimonieusement, et pour bien des familles encore, la scolarité pèse trop lourd dans leur budget.

 

 

Télécharger le dossier de presse de l’enquête

Infos CSF

 

 

 

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